îç4 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
elle eût eu à lutter dans une bataille générale,sans doute l’infériorité du nombre, son infério-rité en artillerie et cavalerie, ne lui eussent paspermis de résister; elle dut donc suppléer aunombre par la rapidité des marches, au man-que d’artillerie par la nature des manœuvres, àl’infériorité de sa cavalerie par le choix des posi-tions : car le moral des soldats français était ex-cellent; ils s’étaient signalés et aguerris sur lesommet des Alpes et des Pyrénées ; les priva-tions, la pauvreté, la misère, sont l’école dubon soldat.
§ III.
Napoléon arriva à Nice le 27 mars; le tableaude l’armée, qui lui fut présenté par le généralSchérer, se trouva pire encore que tout ce qu’ilavait pu s’imaginer. Le pain était mal assuré ;depuis Ion g-temps on ne faisait plus de distri-butions de viande. Il n’y avait que 5 oo muletspour les transports; on ne devait pas songer àconduire plus de trente pièces de canon ; chaquejour la position empirait, il ne fallait pas perdreun instant; l’armée ne pouvait plus vivre où ell eétait, il fallait avancer ou reculer. Il donna desordres pour qu’elle avançât et pour surprendrel’ennemi dès le début de la campagne, l’étourdir