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Tome premier.
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Ï,p0 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

ennemies, réunies étaient encore, malgré leursrevers, supérieures à l’armée française ; ellesavaient une artillerie considérable, et surtoutune cavalerie qui n’avait pas souffert. L’arméefrançaise, en dépit de ses victoires, avait del’étonnement ; elle était frappée de la grandeurde l’entreprise ; le succès paraissait probléma-tique quand on considérait la faiblesse desmoyens, les esprits se fussent exagéré le moin-dre revers. Des officiers, même des généraux,ne concevaient pas qu’on osât songer à la con-quête de l’Italie , avec aussi peu d’artillerie, unesi mauvaise cavalerie, et une armée aussi faible,que les maladies et l’éloignement de la Franceaffaibliraientencoretouslesjours. On trouve destraces de ces sentiments de l’armée dans la procla-mation que le général en chef adressa à ses sol-dats à Cherasco : « Soldats, vous avez remporté« en quinze jours six victoires, pris vingt-et-un« drapeaux, cinquante-cinq pièces de canon,« plusieurs places fortes, et conquis la partie«la plus riche du Piémont ; vous avez fait« 15 ,ooo prisonniers, tué ou blessé plus de« 10,000 hommes. Vous vous étiez jusqu’ici« battus pour des rochers stériles, illustrés par« votre courage, mais inutiles à la patrie ; vous« égalez aujourd’hui , par vos services, l’armée« de Hollande et du Rhin . Dénués de tout, vous