232
MÉMOIRES 1)E MAPOLÉOW.
gés étaient les maîtres de la citadelle ; ce succèsles avait enhardis. Il paraissait difficile de s’em-parer d’une ville de 3o,ooo âmes en insurrection,fermée d’un mur et même d’une ancienne en-ceinte bastionnée, en très mauvais état il estvrai, mais à l’abri d’un coup de main, avec seu-lement i,5oo hommes et six pièces de cam-pagne. Le tocsin sonnait dans toutes les cam-pagnesenvironnantes; le moindre pas rétrogradeeût augmenté le mal et obligé à rappeler l’ar-mée, déjà sur l’Oglio . Dans une pareille circon-stance, la prudence prescrivait la témérité; Napo-léon brusqua l’attaque. Les six pièces d’artillerietirèrent long-temps pour enfoncer les portes,elles ne purent y parvenir ; mais du moins lamitraille et les obus débusquèrent les paysanspostés sur la muraille,et permiren t aux grenadiersd’enfoncer les portes à coups de hache. Ils en-trèrent au pas de charge, débouchèrent sur laplace, et se logèrent dans les maisons qui fai-saient la tète des rues. Un peloton de cavaleriese porta sur le pont du Tésin et fit une chargeheureuse; les paysans craignirent d’être coupés,ils quittèrent la ville, gagnèrent la campagne;la cavalerie les poursuivit et en sabra un grandnombre. Alors les magistrats, les notables, ayantà leur tête l’archevêque de Pavie, vinrent deman-der grâce. Les 3oo Français qui avaient été faits