35 /|. MÉMOIRES DE NAPOLÉON,
d’un pays a ses deux ailes appuyées à des paysneutres ou à de grands obstacles naturels, soità de grands fleuves, soit à des chaînes de mon-tagnes, ou elle n’en a qu’une,ou point du tout;dans le premier cas, elle n’a plus qu’à veiller àn’être point percée sur son front ; dans le secondcas, elle doit s’appuyer à l’aile soutenue; dansle troisième cas, elle doit tenir ses divers corpsbien appuyés sur son centre, et ne jamais seséparer; car, si c’est une difficulté à vaincre qued’avoir deux flancs en l’air, cet inconvénientdouble si on en a quatre, triple si on en a six,quadruple si l’on en a huit, c’est-à-dire si on sedivise en deux, trois ou quatre corps différents.La ligne d’opérations d’une armée, dans le pre-mier cas, peut appuyer indifféremment du cotéde la gauche ou de la droite; dans le secondes,elle doit appuyer à l’aile soutenue ; dans le troi-sième cas, elle doit être perpendiculaire sur lemilieu de la ligne de marche de l’armée. Danstous les cas, il faut, toutes les cinq ou six mar-ches , avoir une place forte ou une position re-tranchée sur la ligne d’opérations pour y réunirdes magasins de bouche et de guerre, y organi-ser les convois et en faire un centre de mouve-ment, un point de repère qui raccourcisse laligne d’opérations. Ulm est le premier pivot na-turel de l’invasion en Allemagne ; cette place, as-