GUERRE DE 1796. 3^5
5 e observation. À la fin dé décembre les ar-mées françaises étaient en repos depuis deuxmois ; elles étaient réorganisées, recrutées, par-faitement remises et supérieures aux arméesautrichiennes qui leur étaient opposées. Ce-pendant le prince Charles osa, devant ellesouvrir la tranchée à la fois devant les têtes depont de Kehl et de Huningue . Si toute l’arméedu Rhin, renforcée d’un détachement de Sam-bre-et-Meuse, eût débouché par Kehl ou parHuningue , elle pouvait à la pointe du jour at-taquer les camps du prince Charles avec desforces doubles des siennes, enlever toutes leslignes de contrevallation, prendre toute l’artil-lerie, les parcs, les magasins, obtenir une vic-toire éclatante qui eût réparé les désastres dela campagne , rétabli l’honneur des armesfrançaises, compromis la sûreté de l’Allemagne et lui eût permis d’hiverner sur la rive droitedu Rhin. Si l’armée française n’avait été com-posée que de soldats de nouvelles levées etsans instruction ni moral, supposition qui estjuste l’opposé de ce qui existait, sans douteque le général français n’eût pu hasarder dé-faire lever des sièges par une bataille , maisalors même, ayant plus de bras, plus de moyens,une position plus avantageuse que l’ennemi, ildevait entasser ouvrages sur ouvrages, batte-