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pagne , mais que celle de Moreau était hors d’é-tat de passer le Rhin . Cette nouvelle fit naîtreen lui bien des soupçons. Il avait conclu untraité offensif et défensif avec le roi de Sardai-gne , lui avait garanti ses états, et en avait ob-tenu un contingent de 10,000 hommes d’infan-terie, 2,000 de cavalerie, et -x[\ pièces de canon.Cette division, qu’il eût menée en Allemagne ,aurait assuré ses derrières; chaque soldat pié-montais eût été pour lui un otage. Le directoire,sans blâmer ce traité, traîna en longueur lesratifications, et la campagne s’ouvrit avant quel’armée eût pu être renforcée de cette divisionde bonnes troupes. C’était d’autant plus fâcheux,que ces 12,000 hommes ayant été rendus mo-biles pouvaient être dangereux. Napoléon avaitaussi à se plaindre de l’influence qu’exerçait leministre Quirini, qui ouvrait les portes avec laclef d’or, et entravait les affaires de Venise . Ilse convainquit de la nécessité de faire la paix,et écrivit sa lettre si connue à l’archiduc. Tousles courriers de Paris , qu’il reçut jusqu’au 18avril, le confirmèrent dans l’idée que les arméesd’Allemagne ne bougeaient point. Il n’appritleur passage du Rhin qu’après la signature despréliminaires de Léoben , qu’il n’eût signés quedans Vienne, s’il eût su que les deux arméesfrançaises du Rhin voulaient entrer en cam-