j5o mémoires de napoléon.
çhandises d’Europe y furent en grande abon-dance , et l’armée reçut des nouvelles de France tous les mois. Il n’y avait aucun moyen d’em-pêcher des frégates et des corvettes partant deToulon , d’Ancône , de Tarente , de Brindisi ,d’arriver à Damiette ou à Alexandrie , dans lesmois de novembre, décembre, janvier, février,et mars : l 'Égyptienne et la Justice , parties deToulon , arrivèrent dans le mois de janvier endix jours; la Régénérée , de Rochefort, y arrivaen dix-septjours.Concluons: i°l’arméed’Orientn’avait pas besoin de secours; 2 0 elle pouvaitrester plusieurs années sans faire de nouvellesrecrues ; 3° elle pouvait faire des recrues tantqu’elle voulait en choisissant des chrétiens,même de jeunes musulmans, et enfin en ache-tant des noirs de Darfour et de Sennaar. L’E-gypte n’est pas une forteresse, ce n’est pas uneîle stérile, c’est un immense royaume qui a unecôte de cent vingt lieues. Appliquer à un paysaussi riche, aussi étendu, les principes qui con-viennent à une citadelle, c’est étrangement setromper et se fourvoyer. Les croisés furent\ maîtres plus de cent ans de la Syrie . C’était uneguerre de religion.
Les instructions détaillées que le général enchef fit remettre au général Kléber , et la lettredatée d’Aboukir du 5 fructidor, qui est impri-