l5a MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
tait fait mtisulman, ce qui était assez ridicule,mais fort agréable au pays : on était en doutesur ses talents militaires ; on savait qu’il étaitextrêmement brave, il s’était bien comporté dansla Vendée et à l’assaut d’Alexandrie . Le généralReynier avait plus d’habitude de la guerre, maisil manquait de la première qualité d’un chef :bon pour occuper le deuxième rang, il parais-sait impropre au premier. Il était d’un carac-tère silencieux, aimant la solitude, ne sachantpas électriser, dominer, conduire les hommes.Le général Lanusse avait le feu sacré; il s’étaitdistingué par des actions d’éclat aux Pyrénées,en Italie ; il avait l’art de communiquer ses sen-timents aux deux premiers; mais ce qui décidale premier consul à laisser les choses comme ellesétaient, c’est la crainte que le décret de nomina-tion ne fût intercepté par les croisières ennemies,et que les Anglais ne s’en servissent commed’un moyen, pour mettre de la division, dutrouble dans l’armée qui paraissait déjà dispo-sée à se diviser. Il était impossible alors de pré-voir à quel point Menou avait d’incapacité pourla direction des affaires de la guerre, puisqu’ilavait été militaire toute sa vie, qu’il avait beau-coup lu, qu’il avait fait plusieurs campagnes,qu’il connaissait parfaitement le théâtre où il setrouvait.