I72 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
Suite de la lettre ilç Kléber.
mis, serait préparer un soulèvement à la pre-mière occasion favorable. Cependant Bonaparte à son départ n’a pas laissé un sou en caisse, niaucun objet équivalent : il a laissé au contraireun arriéré de près de ia millions; c’est plusque le revenu d’une année dans la circonstanceactuelle : la solde arriérée pour toute l’arméese monte seule à 4 millions
F. L inondation rend impossible, en ce mo-ment , le recouvrement de ce qui est dû surl’année qui vient d’expirer, et qui suffirait àpeine pour la dépense d’un mois : ce ne seradonc qu’au mois de frimaire qu’on pourra enrecommencer la perception ; et alors, il n’enfaut pas douter, on ne pourra pas s’y livrer,parce qu’il faudra combattre.
Enfin, le Nil étant cette année très mauvais,plusieurs provinces, faute d’inondation, offri-ront des non-valeurs auxquelles on de pourrase dispenser d’avoir égard.
Tout ce que j’avance ici, citoyens directeurs,je puis le prouver et par des procès-verbaux etpar des états certifiés des différents services.
Quoique l’Egypte soit tranquille en appa-rence, elle n’est rien moins que soumise; lepeuple est inquiet, et on ne voit en nous, quelquechose que l’on puisse faire, que des ennemis