■i38 MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
a il me faut qu’il soit plus puissant que jamais ;« il n’aura jamais autant de pouvoir que ma« politique me porte à lui en désirer. » L’évêqueparut étonné , et se tut. Quelques semainesaprès il voulut relever ce propos ; mais il neput y parvenir , Napoléon n’avait que tropparlé.
C’est un fait constant qui deviendra démontrétous les jours davantage, que Napoléon aimaitsa religion, qu’il voulait la faire prospérer, l’ho-norer, mais en même temps s’en servir commed’un moyen social pour réprimer l’anarchie,consolider sa domination en Europe , accroîtrela considération de la France et l’influence deParis , objet de toutes ses pensées : à ce prix ileût tout fait pour la propagande, les missionsétrangères, et pour étendre, accroître la puis-sance du clergé. Déjà il avait reconnu les cardi-naux comme les premiers de l’état ; ils avaientle pas dans le palais sur tout le monde : tous lesagents de la cour papale eussent été dotés avecmagnificence, et de manière à ce qu’ils n’eussentrien à regretter de leur existence passée. C’estpar une suite de tout cela que Napoléon étaitsans cesse occupé de l’amélioration, de l’embel-lissement de Paris : ce n’était pas seulement paramour des arts, mais aussi par une suite de sonsystème. Il fallait que Paris fût la ville unique,