260 MÉMOIRES DE KAPOLÉON.
un tort : il fallait appeler ces maisons prisonsd’exécution pour les individus soumis à la sur-veillance générale. (
Aucun peuple ri’a joui d’une liberté civileplus étendue que le peuple français sous Napo-léon : il n’est aucun état en Europe qui n’ait unplus grand nombre d’individus arrêtés, écrouésdans les prisons sous divers titres ou formules,qui ne sont pas sous un procès pendant auxtribunaux. Un pays où le brigandage de lapresse , sur les quais et les places publiques ,est autorisé par la loi, ne doit pas se vanterde jouir d’une vraie liberté civile; elle n’existepas pour le bas peuple en Angleterre, quoi-qu’elle soit réelle pour le gentleman. Si oncomparait la législation criminelle d’Angleterreavec celle de France , on verrait les abus de lapremière, et son imperfection comparativementà la seconde. Quant à la législation criminellede l’Autriche , de la Russie , de la Prusse et desautres états de l’Europe , il suffit de dire qu’iln’y a publicité ni dans l’instruction, ni dans lesdébats et les confrontations: aussi les lois de Na-poléon sont fort chères aux Italiens ; et danstous les pays où elles ont été mises en vigueur,les habitants ont obtenu, comme une grâce>qu’elles continuassent à être la loi du pays.