NOTES ET MÉLANGES. 3oÇ)
récent trois semaines ; mais le bruit qui se ré-pandit dans toute l’Egypte que les grands cheikss occupaient de rendre l’armée française mu sulmane , remplissait de joie tous les fidèles :déjà les Français se ressentaient de l’améliora-tion de l’esprit public , ils n’étaient plus con-sidérés comme des idolâtres. Quand les ulémaslurent d’accord , les quatre muphtis rendirentun fetam , par lequel ils déclarèrent que la cir-concision n’étant qu’une perfection , n’était pasindispensable pour être musulman ; mais que,dans ce cas, on ne pouvait espérer le paradisdans l’autre vie. La moitié de la difficulté setrouvait levée ; mais il fut facile de faire com-.prendre aux muphtis que la deuxième déci-sion n’était pas raisonnable. Ce fut l’objet desix autres semaines de discussions. Enfin ils dé-clarèrent qu’on pouvait être musulman et boiredu vin, pourvu que l’on employât le cinquièmede son revenu, au lieu du dixième, en œuvresde bienfaisance. Le général en chef fit alorstracer le plan d’une mosquée, plus grande quecelle de Gemil-el-Azar ; il déclara la faire bâ-tir pour servir de monument à l’époque de laconversion de l’armée , mais de fait il ne vou-lait que gagner du temps. Le fetam d’obéis-sance fut donné par les cheiks , et Napoléondéclaré ami du prophète , spécialement protégé