bataille navale d’aboukir. I I
avait reçu ce rapport, il aurait réitéré l’ordred’entrer dans le port en s’allégeant, et prescrit,à Alexandrie , les ouvrages nécessaires pour lasortie de l’escadre. Mais enfin , puisque l’amiralavait ordre, en cas qu’il ne pût entrer dans leport, de se rendre à Corfou , il se trouvait jugecompétent et arbitre de sa conduite. Corfou avait une bonne garnison française et des ma-gasins de biscuit et de viande pour six mois;l’amiral eût touché la côte d’Albanie , d’oû ilaurait tiré des vivres ; enfin ses instructionsl’autorisaient à se rendre de là à Toulon , oû ily avait 5 à 6,000 hommes appartenant aux ré-giments qui étaient en Égypte . C’étaient des sol-dats rentrés de permission ou des hôpitaux, etdifférents détachements qui avaient joint cetteplace après le départ de l’expédition.
Brueys ne fit rien de tout cela : il s’embossadans la rade d’Aboukir, et envoya à Rosette de-mander du riz et des vivres. On varie beau-coup sur les causes qui portèrent cet amiral às’obstiner à rester dans cette mauvaise rade.Quelques personnes ont pensé qu’après avoirjugé qu’il lui était impossible de faire entrer sonescadre à Alexandrie , il désirait, avant de quit-ter l’armée de terre, être assuré de la prisedu Caire , et n’avoir plus d’inquiétude sur la po-sition de cette armée. Brueys était fort attaché