^6 MÉMOIRES 1)E NAPOLEON.
de terre se bat tous les jours. Le soldat de ruer,quels que soient les fatigues et les dangers at-tachés à cet élément, en éprouve beaucoupmoins que celui de terre : il ne souffre jamaisde la faim, de la soif, il a toujours avec lui sonlogement, sa cuisine, son hôpital et sa phar-macie. Les armées de mer, dans les services deFrance et d’Angleterre , où la discipline main-tient la propreté, et où l’expérience a fait con-naître toutes les mesures qu’il fallait prendrepour conserver la santé, ont moins de maladesque les armées de terre. Indépendamment dupéril des combats, le soldat de mer a celui destempêtes ; mais l’art a tellement diminué cedernier, qu’il ne peut être comparé à ceux deterre, tels qu’émeutes populaires, assassinatspartiels, surprises de troupes légères ennemies.
Un général commandant en chef une arméenavale, et un général commandant en chef unearmée de terre, sont des hommes cpii ont be-soin de qualités différentes. On naît avec lesqualités propres pour commander une armée deterre, tandis que les qualités nécessaires pourcommander une armée navale ne s’acquièrentque par expérience.
Alexandre, Condé, ont pu commander dèsleur plus jeune âge ; l’art de la guerre de terreest un art de génie, d’inspiration; mais ni Alex-