BATAILLE NAVALE I)’aBOUKIR. 3l
à-dire la moitié de l’escadre, pendant que l’en-nemi écrasait l’autre aile.
La marine française est appelée à acquérirde la supériorité sur la marine anglaise. LesFrançais entendent mieux la construction, etles vaisseaux français, de l’aveu même des An-glais , sont tous meilleurs que les leurs. Lespièces sont supérieures en calibre d’un quartaux pièces anglaises. Cela forme deux grandsavantages.
Les Anglais ont plus de discipline. Les esca-dres de Toulon et de l’Escaut avaient adoptéles mêmes pratiques et usages que les Anglais ,et arrivaient à une discipline aussi sévère, avecla différence que comportait le caractère desdeux nations. La discipline anglaise est unediscipline d’esclaves ; c’est le patron devant leserf. Elle ne se maintient que par l’exercice dela plus épouvantable terreur. Un pareil état dechoses dégraderait et avilirait le caractère fran-çais , quia besoin d’une discipline paternelle,plus fondée sur l’honneur et les sentiments.
Dans la plupart des batailles que nous avonsperdues contre les Anglais , ou nous étions in-férieurs, ou nous étions réunis avec des vais-seaux espagnols qui, étant mal organisés, etdans ces derniers temps dégénérés, affaiblis-saient notre ligne au lieu de la renforcer; ou