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Tome cinquième.
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I

44 MEMOIRES 1)E NM'OUÉGN.

moisson. La digne du Nil se coupe au Caire ,dans le courant de septembre, quelquefois dansles premiers jours d’octobre. Après le mois demars, la terre se gerce si profondément, qu’ilest dangereux de traverser les plaines à cheval,et qu’on ne peut le faire à pied qu’avec uneextrême fatigue. Un soleil ardent, qui n’estjamais tempéré ni par des nuages, ni par de lapluie, brûle toutes les herbes et les plantes,hormis celles qu’on peut arroser. C’est à celaque l’on attribue là salubrité des eaux stagnan-tes, qui se conservent en ce pays dans les bas-fonds. En Europe , de pareils marais donne-raient la mort par leurs exhalaisons ; en Egypte ,ils lie causent pas même de fièvres.

§ IL

La surface de la vallée du Nil, telle qu’ellevient d’être décrite, équivaut à un sixième del’ancienne France ; ce qui ne supposerait, dansun état de prospérité, que quatre à cinq mil-lions de population. Cependant les historiensarabes assurent que, lors de la conquête parAmroug, l’Égypte avait vingt millions d’habi-tants et plus de vingt mille villes. Us y compre-naient , il est vrai, indépendamment de la