l’étendue des terres cultivables. Sous une bonneadministration, le Nil gagne sur le désert; sousune mauvaise, le désert gagne sur le Nil . EnEgypte, le Nil ou le génie du bien, le désert oule génie du mal, sont toujours en présence; etl’on peut dire que les propriétés y consistentmoins dans la possession d’un champ, que dansle droit fixé par les réglements généraux d’ad-ministration, d’avoir, à telles époques de l’an-née et par tel canal, le bienfait de l’inondation.
Depuis deux cents ans, l’Égypte a sans cessedécru. Lors de l’expédition dés Français , elleavait encore de 2,5oo,oooà 2,800,00 habitants.Si elle continue à être régie de la même ma-nière , dans cinquante ans elle n’en aura plusque i, 5 oo,ooo.
En construisant un canal pour dériver leseaux du Nil dans la grande oasis, on acquerraitun vaste royaume. Il est raisonnable d’admettreque, du temps de Sésostris et de Ptolémée , l’É-gypte ait pu nourrir douze à quinze millionsd habitants, sans le secours de son commerceet par sa seule agriculture,
§ III.
LÉgypte se divise en haute, moyenne etbasse Égypte . La haute, appelé Saide, formedeux provinces, savoir : Thèbes et Girgeh ; la