Romains craignirent que l’esprit national desArabes , peuple brave, endurci aux fatigues, etqui n’avait ni la mollesse des habitants d’An-tioche , ni celle des habitants de l’Asie mineure,et dont l’immense cavalerie avait fait triompherAnnibal de Rome , ne fît de leur pays un foyerde révolte contre l’empire romain.
Sélim avait bien plus de raisons encore deredouter l’Egypte . C’était la terre sainte, c’étaitla métropole naturelle de l’Arabie et le grenierde Constantinople . Un pacha ambitieux, favo-risé par les circonstances et par un génie auda-cieux , aurait pu relever la nation arabe, fairepâlir les Ottomans , déjà menacés par cette im-mense population grecque, qui forme la majo-rité de Constantinople et des environs. AussiSélim ne voulut-il pas confier le gouvernementde l’Égypte à un seul pacha. U craignit mêmeque la division en plusieurs pachalicks ne fûtpas une garantie suffisante, et chercha à s’as-surer la soumission de cette province, en con-fiant son administration à vingt-trois beys, quiavaient chacun une maison composée de 4°o à800 esclaves. Ces esclaves devaient être leursfils ou originaires de Circassie, mais jamais del’Arabie ni du pays. Par ce moyen, il créa unemilice tout-à-fait étrangère à l’Arabie . Il établiten Égypte le système général de l’empire, des