la milice des janissaires qui étaient leurs ri-vaux ; de l’humiliation de la milice ottomane était née la déconsidération totale du pacha etle mépris de l’autorité de la Porte, à tel pointque souvent les Mamelucks refusaient le miry;cette milice se fût même déclarée tout-à-faitindépendante , si l’opposition des scheiks oudes docteurs de la loi ne les eût rattachés àConstantinople par esprit de religion et par in-clination. Les scheiks et le peuple préféraientl’influence de Constantinople à celle des Mame-lucks ; souvent même ils y adressaient leursplaintes, et quelquefois réussissaient à adoucirl’arbitraire des beys.
Depuis la décadence de l’empire ottoman , laPorte a fait des expéditions contre les Mame-lucks , mais ceux-ci ont toujours fini par avoirle dessus, et ces guerres se sont terminées parun arrangement qui laissait le pouvoir aux Ma-melucks , avec quelques modifications passa-gères. En lisant avec attention l’histoire desévénements qui se sont passés en Egypte de-puis deux cents ans, il est démontré q»e si lepouvoir, au lieu d’être confié à 12,000 Mame-lucks , l’eût été à un pacha , qui, comme celuid’Albanie , se fût recruté dans le pays même,l’empire arabe, composé d’une nation tout-à-fait distincte, qui a son esprit, ses préjugés,