8/[ ÎIlî.\TOII1KS L)j: NAFOLÉOST.
et des sentinelles le long du canal, le Nil dutêtre considéré comme passé; on n’était plus sé-paré de Boulac et du vieux Caire que par ungrand canal. On visita l’enceinte de Gizeh , eton travailla sur-le-champ à en fermer les portes.Gizeh était environné d’une muraille assez vastepour renfermer tous nos établissements, et as-sez forte pour contenir les Mamelucks et lesArabes. Nous attendions avec impatience l’ar-rivée de la flottille ; le vent du nord soufflaitcomme à l’ordinaire, et cependant elle ne ve-nait pas! Le Nil était bas, l’eau lui avait man-qué, les bâtiments étaient engravés. Le contre-amiral Perré fit dire qu’on ne devait pas comptersur lui et qu’il ne pouvait désigner le jour deson arrivée. Cette contrariété était extrême, caril fallait s’emparer du Caire dans le premier mo-ment de stupeur, au lieu de laisser aux habi-tants, en perdant quarante-huit heures, le tempsde revenir de leur épouvante. Heureusementqu’à la bataille, ce n’était pas les Mamelucksseuls qui avaient été vaincus, les janissaires duCaire et tout ce que cette ville contenait debraves et d’hommes armés y avaient aussi prispart et étaient dans la dernière consternation.Tous les rapports sur cette affaire donnaientaux Français un caractère qui tenait du mer-veilleux.