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Tome cinquième.
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ÎOG MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

milieu; un petit plateau d’un bois précieux etde marqueterie fut placé à dix-huit pouces deterre et couvert successivement d’un grandnombre de plats. C’était des pilaux de riz , desrôtis d’une espèce particulière, des entrées, despâtisser^s, le tout fort épicé. Les scheiks dé-peçaient tout avec leurs doigts. Aussi offrit-onpendant le dîner trois fois à laver les mains. Onservit pour boisson de l’eau de groseille, de lalimonade et plusieurs autres espèces de sorbets,et au dessert beaucoup de compotes et de con-fitures. Au total, le dîner n’était point désa-gréable; il n’y avait que la manière de le pren-dre qui nous parût étrange.

Le soir toute la ville fut illuminée. On allaaprès le dîner sur la place Esbekié, dont l’illu-mination en verres de couleurs était fort belle.Il s’y trouvait un peuple immense. Tous étaientplacés en ordre par rangs de vingt à cent per-sonnes, lesquelles debout et les unes contre lesautres récitaient les prières et les litanies duprophète avec des mouvements qui allait tou-jours en augmentant, au point qu’à la fin ils pa-raissaient convulsifs et que quelques-uns tom-baient en faiblesse.

Dans le courant de l’année, le général en chelaccepta souvent des dîners chez le sclieikSadda, chez le scheik Eayoum et chez d’autres