J 34 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,
et Saint-Jean-d’Acre, Ptolémaïs, Joppé et Da-mas en ônt été principalement le théâtre. L’in-fluence de leurs armes, et leur séjour, qui s’yest prolongé pendant plusieurs siècles, y a laissédans la population des traces qui s’aperçoiventencore.
Il y a en Syrie beaucoup de juifs, qui ac-courent de toutes les parties du monde pourmourir en la terre sainte de Japhet. Il s’y trouveaussi beaucoup de chrétiens, dont les uns des-cendent des croisés, et les autres sont des in-digènes qui n’embrassèrent point le mahomé-tisme, lors de la conquête des Arabes. Ils sontconfondus ensemble, et il n’est plus possible deles distinguer. Chefamer, Nazareth , Bethléem ,et une partie de Jérusalem , ne sont peuplés quede chrétiens. Dans les pachalies d’Acre et de Jé-rusalem ils sont, avec les juifs, supérieurs ennombre aux musulmans. Sur le revers du montLiban , sont les Druses, nation dont la religionse rapproche beaucoup de celle des chrétiens.A Damas et à Alep , les mahométans sont engrande majorité; il y existe cependant un grandnombre de chrétiens syriaques. Les Mutualis,mahométans de la secte d’Ali, qui habitent lesbords de la rivière qui, du Liban , coule versTyr , étaient autrefois nombreux et puissants;mais, lors de l’expédition des Français en Syrie ,