MEMOIRES DE NAPOLÉON.
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mettre une armée de 60,000 hommes à mêmede traverser le désert.
Si les Français restaient tranquilles en Égypte ,ils allaient être attaqués à la fois par les deuxarmées; de plus il était à craindre qu’un corpsde troupes européennes ne se joignît à elles,et que le moment de l’agression 11e coïncidâtavec des troubles intérieurs. Dans ce cas, lorsmême que les Français auraient été vainqueurs,il 11e leur était pas possible de profiter de lavictoire. Par mer, ils n’avaient point de flotte ;par terre, le désert de soixante-quinze lieues quisépare la Syrie de l’Égypte n’était point prati-cable pour une armée dans la saison des grandeschaleurs.
Les règles de la guerre prescrivaient donc augénéral français de prévenir ses ennemis, detraverser le grand désert pendant l’hiver, des’emparer de tous les magasins que l’ennemiavait formés sur les côtes de la Syrie , d’attaqueret de détruire les troupes au fur et à mesurequ’elles se rassemblaient.
D’après ce plan , les divisions de l’armée deRhodes étaient obligées d’accourir au secoursde la Syrie ; et l’Égypte restait tranquille, ce quinous permettait d’appeler successivement laplus grande partie de nos forces en Syrie . LesMamelucks de Mourad-Bey et d’Ibrahim-Bey, les