154 MÉMOIRES DK NAPOLÉON.
chés à cette place étaient très considérables. Legénéral en chef avait autorisé l’émir Hadji à s’é-tablir dans le Charkieh pour compléter l’organi-sation de sa maison. Il avait déjà 3oo hommesarmés; il lui en fallait 8 q. goo pour suffire àl’escorte de la caravane des pèlerins de la Mec que . Il fut fidèle au sultan Kébir jusqu’à la ba-taille du mont Thabor; mais Djezzar, étant par-venu à communiquer avec lui par la côte, et àlui faire savoir que les armées de Damas et desNaplousains cernaient les Français au campd’Acre ; que ceux-ci, affaiblis par le siège, étaien t:perdus sans ressource, il désespéra de la causefrançaise, prêta l’oreille aux propositions deDjezzar, et chercha à faire sa paix en rendantquelques services. Le i5 avril, ayant reçu en-core de fausses nouvelles par un émissaire deDjezzar, il déclara sa révolte par une proclama-tion dans tout le Charkieh. Il annonçait que lesultan Kébir avait été tué devant Acre, et l’ar-mée française prise tout entière. La masse de laprovince resta sourde à ces insinuations. Cinqou six villages seulement arborèrent le drapeaude la révolte, et ses forces n’augmentèrent quede 4oo cavaliers d’une tribu d’Arabes .
Le général Lanusse, avec sa colonne mobile,partit du Delta, passa le TNil, et marcha contrel’émir Hadji; après diverses petites affaires et