ÉGYPTE. -BATAILLE o’aBOUKIR. l 5 f)
différents mouvements, il réussit à le cerner,l’attaqua vivement, mit à mort tout ce qui vou-lait se défendre, dispersa les Arabes , et brûla,pour faire un exemple, le village qui était leplus coupable. L’émir Hadji se sauva, lui quin-zième> par le désert, et parvint à gagner Jéru-salem .
Pendant que ces événements se passaient dansle Charkieh, d’autres plus importants avaientlieu dans le Bahïreh. Un homme du désert deDerne, jouissant d’une grande réputation desainteté parmi les Arabes de sa tribu, s’imaginaou voulut faire croire qu’il était l’ange Elmody,que le prophète promet, dans le Koran , d’en-voyer au secours des fidèles dans les circonstan-ces les plus critiques. Cette opinion s’accréditadans la tribu; cet homme avait toutes les qua-lités propres à exciter le fanatisme de la popu-lace. Il était parvenu à faire accroire qu’il vivaitde sa substance et par la grâce spéciale du pro-phète. Tous les jours cà l’heure de la prière, etdevant tous les fidèles, on lui portait une jattede lait; il y trempait ses doigts et les passait surses lèvres: c’était, disait-il, la seule nourriturequ’il prenait. Il se forma une garde de 120 hom-mes de sa tribu, bien armés et très fanatisés. Ilse rendit à la grande oasis, où il trouva une ca-ravane de pèlerins, de 4 oo Maugrebins de Fèz;