MÉMOIRES DE NAPOLÉON.
I<P
nace fut sans effet, l’insurrection fut dissipée,et la levée eut lieu. Il n’en fut pas de même àSaint-Florent-le-Vieux, petite ville sur le bordde la Loire, à huit lieues d’Angers . Les jeunesgens appelés au tirage assaillirent les adminis-trateurs ; la garde courut aux armes et fit feusur eux ; plusieurs furent tués, mais la masses’élança sur une pièce de canon et s’en empara ;elle assomma les gendarmes à coups de bâton,brûla les papiers du district, et célébra par desorgies cette victoire. Après cet exploit, les vain-queurs disparurent. C’était assez pour exalterla jeunesse ; aussi va-t-on voir commencer unevéritable campagne, celle de 1793 : et c’est en-core un paysan qui lève l’armée royale et larallie sous le drapeau.
La commune du Plessis en Mauge avait eu sesreprésentants parmi les vainqueurs de Saint-Florent. Quatre jours après, un voiturier de cevillage, nommé Jacques Cathélineau , compritle parti qu’on pouvait tirer de cette victoire ; ilcourut les campagnes, harangua les paysans, etles appela aux armes : bon nombre le suivirent.Il sentait le besoin d’un succès, et se porta clansleur première ivresse sur le château de Jallais,dont il sesaisit.il marcha ensuite sur Chemillé,chef-lieu de canton, où cinq cents républicainsavaient pris position avec de l’artillerie. Il les