DfX-HUIT BRUMAIRE.
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Deux.grenadiers que l’ordre du général avaitretenus à la porte, et qui n’avaient obéi qu’àregret et en lui disant : « Vous ne les connais-« sez pas, ils sont capables de tout, » culbu-tèrent, le sabre à la main, ce qui s’opposait àleur passage, pour rejoindre leur général, l’in-vestir et le couvrir de leurs corps. Tous lesautres grenadiers suivirent cet exemple, et en-traînèrent Napoléon en dehors de la salle. Dansce tumulte, l’un d’eux nommé Thomé fut légè-rement biessé d’un coup de poignard ; un autrereçut plusieurs coups dans ses habits.
Le général descendit dans la cour du château,fit battre au cercle, monta à cheval, et haranguales troupes. « J’allais, dit-il, leur faire connaître« les moyens de sauver la république, et de« nous rendre notre gloire. Ils m’ont répondu« à coups de poignard. Ils voulaient ainsi réali-« ser le désir des rois coalisés. Qu’aurait pu faire« de plus l’Angleterre !
« Soldats, puis-je compter sur vous? »
Des acclamations unanimes répondirent à cediscours. Napoléon aussitôt ordonna à un capi-taine d’entrer avec dix hommes dans la salle descinq cents, et de délivrer le président.
Lucien venait de déposer sa toge. « Misérables !« s’écriait-il, vous exigez que je mette hors la loi« mou frère, le sauveur de la patrie, celui dont