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le même sens : un membre s’éleva contre ; il dé-nonça le général comme le seul conspirateur quivoulait attenter à la liberté publique. Napoléon interrompit l’orateur, déclara qu’il avait le se-cret de tous les partis, que tous méprisaient laconstitution de l’an III ; que la seule différencequi existait entre eux était que les uns voulaientune république modérée, où tous les intérêtsnationaux , toutes les propriétés, fussent ga-rantis; tandis que les autres voulaient un gou-vernement révolutionnaire, motivé sur les dan-gers de la patrie. En ce moment on vint prévenirNapoléon que , dans le conseil des cinq cents,l’appel nominal était terminé, et que l’on vou-lait forcer le président Lucien à mettre aux voixla mise hors la loi de son frère. Napoléon serend aussitôt aux cinq cents, entre dans la sallele chapeau bas, ordonne aux officiers et soldatsqui l’accompagnent de rester aux portes; il vou-lait se présenter à la barre pour rallier son parti,qui était nombreux, mais qui avait perdu toutralliement et toute audace. Mais, pour arriverà la barre, il fallait traverser la moitié de lasalle, parce que le président siégeait sur un descôtés latéraux. Lorsque Napoléon se fut avancéseul au tiers de l’orangerie, deux ou trois centsmembres se levèrent subitement, en s’écriant :Mort au tyran! à bas ie dictateur!