PIÈCES UtSTOHIQUIiS. l\1 1
est encore dangereusement blessé. Un brouil-lard très considérable et une grosse pluie sur-vinrent, ce qui ralentit l’attaque : le lieutenant-général Soultla ranima, rallia les troupes et fitde nouveaux efforts pour emporter la position ;elle allait être le prix de son courage, lorsqu’ilreçut un coup de feu qui lui cassa la jambe. Ilresta au pouvoir de l’ennemi ainsi que son frère,son aide-de camp et son officier de correspon-dance. Les troupes, découragées par de si gran-des pertes, ne purent enlever la position, et laretraite s’opéra en bon ordre: l’adjudant-géné-ral Huard fut blessé dans cette journée.
Le manque de subsistances, qui se fait sentirde la manière la plus cruelle , fit ralentir les at-taques, et tourna toute la sollicitude du géné-ral en chef du côté de l’administration. Leshabitants éprouvaient lesmemesbesoins quel’ar-mée; on commença dès-lors à manger des che-vaux, et à sentir toutes les horreurs de la fa-mine la plus effrayante. Journellement nosmoyens de subsistances diminuaient; il fallutfaire un pain composé; on y employa l’amidon,le son, l’avoine et la graine de lin; les derniersjours on fut obligé d’y mettre du cacao, ce quilui donnait un corps huileux , pesant et désa-gréable.
Le général Masséna, qui savait que le général