4‘J3 PIÈCES niSToniQLES.
Bonaparte passait les Alpes pour tomber euLombardie , sentait trop combien il était im-portant de tenir l’ennemi en haleine pour nepas le harceler continuellement; aussi fit-il denouveaux efforts pour empêcher qu’il ne portâtdes forces au pied du mont Saint-Bernard ; ilsavait que l’armée de réserve devait venir àYvrée le i er prairial; il fit de nouvelles sor-ties qui, quoique trop faibles pour nous dé-bloquer , coûtaient beaucoup à l’ennemi: nouslui faisions journellement des prisonniers. Jus-qu’au 8, il y eut encore deux ou trois combatspeu meurtriers. L’avantage nous resta presquetoujours.Le 8, le général Masséna, qui avait ap-pris que l’armée du général Bonaparte était enPiémont , et qui craignait que l’ennemi ne l’a-musât avec peu de monde, fit sortir une partiede la garnison du côté du levant, poussa sonattaque, fit soixante-dix-sept prisonniers, et seconvainquit que l’ennemi avait encore au moinstrois mille hommes sur ce point, et afin qu’ilne pût dégarnir son aile droite, il fit une dé-monstration d’attaque. Nous lui fîmes croireque nous venions faire une trouée sur ce point,nous avons su qu’il fit des dispositions en con-séquence de ce que nous voulions qu’il crût.
Les Anglais , qui voulaient hâter la redditionde la place, jetèrent, la nuit, des bombes et