PIÈCES HISTORIQUES. 4^3
des obus, et continuèrent le feu pendant plu-sieurs jours ; ils espéraient que les habitants fe-raient un mouvement en leur faveur, mais ilsse trompèrent: la bonne police, les proclama-tions du général en chef, et. la persuasion firentqu’ils ne tentèrent rien : je dois aussi rendre jus-tice à la très grande majorité des Génois.
Quand nous avions des succès, nous étionsapplaudis avec enthousiasme. Nos blessés étaientportés avec soin. On leur distribuait du vin ettoutes sortes de soulagement; la moindre de nospertes les affligeait, ils ne craignaient rien tantque l’entrée de l’ennemi. Le général Mêlas avaitreçu de Vienne l’ordre impératif de prendreGênes . Le succès n’y était pas même mis endoute, ce plan était l’ouvrage du général Kray.Il avait assuré que quinze jours suffiraient pource mouvement, et quoique Mêlas vît avec peinequ’il devait exécuter le plan d’un autre, il n’enmit pas moins la plus grande opiniâtreté àprendre Gênes . Quand on lui parlait d’une ar-mée descendant les Alpes , il disait qu’il ne pre-nait pas le change, que nous voulions faire unediversion, mais qu’il persistait à ne pas lever le.siège. Cette opiniâtreté fut la première cause deses revers, et je crois pouvoir prouver que larésistance de Gênes , et sa chute même, furent,',par le concours des circonstances, l’élément denos succès en Italie .