48 MÉMOIRES DE NAPOLÉON,
étaient peu considérables ; elles avaient à peine9,000 hommes, la plus grande partie de cavale-rie ; mais la cour craignait de se mettre à la dis-crétion d’un seul général. Elle remonta la Loire ,pour s’approcher de Paris ; toutes les villes ri-veraines lui ouvrirent leurs portes, à l’excep-tion d’Orléans ; elle s’établit à Gien ; pour serendre dans cette ville , elle avait longé la Loire ,et couché à Sully. L’armée de la Fronde, fortede 14,ooo hommes, commandée par le duc deBeaufort, était cantonnée entre Montargis et laLoire ; ce général ayant eu connaissance de lacour, médita de l’enlever, et envoya à Jargeau,le lieutenant-général Sirot, avec quatre régi-ments, pour s’assurer du pont de la Loire . Deson côté, Turenne , inquiet des dangers quepouvait courir la cour aux approches du fleuve,se porta à Jargeau ; il s’y rencontra avec lestroupes de Sirot, au moment même où elles yentraient: quoiqu’il n’eût que aoo hommes, ilpaya d’audace une partie de la journée , jus-qu’au soir que son armée arriva. Ce combat,par lui-même insignifiant, fut d’un grand effetsur la régente. Le lieutenant-général Sirot futtué. Les armées royales passèrent la Loire ; ellesse cantonnèrent à Briare et à Bleneau. On étaiten avril, les fourrages étaient rares, la disloca-tion de l’armée fut opérée.