MÉLANGES.
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deux ponts sur la Seine , et les couvrit par unebonne tête de pont. Condé, sans profiter del’avantage du nombre qu’il avait acquis par sajonction avec l’armée de Lorraine, prit posi-tion à Limeil et se retrancha à une portée decanon du camp de l’armée royale. Le duc deLorraine campa à Brie-Comte-Robert , tenantl’armée du roi comme enveloppée ; celle-ci nepouvait pas tirer de vivres de la rive droite dela Seine ; mais moyennant la possession de Cor-beil et de sa tête de pont, elle fourrageait surla rive gauche et se maintenait toujours dansl’abondance. Enfin, au bout de six semaines,pendant lesquelles il ne se passa rien d’impor-tant, les choses parurent mûres dans Paris .Mazarin céda à l’orage , et se retira à Bouillon,ce qui concilia à la cour les esprits de la capi-tale : ils n’étaient plus retenus que par la penséeque Turenne était cerné dans son camp. La ré-gente lui envoya en conséquence l’ordre d’ensortir pour l’accompagner dans son entrée danssa capitale. Coudé était tombé malade et s’étaitfait transporter à Paris . Turenne fit jeter qua-torze ponts sur l’Yères , la passa dans la soiréedu 5 octobre, marcha sur Corbeil, sur Chaumes,passa la Marne à Meaux , et campa près de Sen-lis. La cour quitta Meulan ou elle s’était ren-due, alla à Saint-Germain, y séjourna quatre