AUX PRUSSIENS.
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inonde n’entend publier que ce qui vous ac-cuse, et jamais ce qui vous honore ? On dé-nonce à l’histoire votre gouvernement commeun gouvernement énervé, vos hommes d’étatcomme corrompus, vous-mêmes comme un peu-ple léger, sans caractère, sans courage. L’étudedes causes est longue, la calomnie est facile.Avant de m’arracher du milieu de vous, j’aivoulu vous laisser un monument qui, en vousapprenant ce que vous avez été, vous consolâtun moment. Je vous remets sous les yeux letableau de vos dernières années. Il détromperal’étranger qui, sur la foi de quelques plumes vé-nales , vous a crus dégradés, parce que vousavez été malheureux.
Je ne vous donne ici ni de ces jugementssans preuves qu’on jette comme un appât à lacrédulité du simple, ni de ces déclamations hai-neuses que le méchant préfère à la preuve. J’aieu des relations précieuses, et j’ai recherché leshommes sages, pour rectifier mes jugementssur les leurs. Je n’ai pas tout dit, le devoir neme le permet pas; mais j’ai dit ce qui étaitvrai, le mal pour être juste, le bien parce qu’il,en faisait à mon coeur.
Quand un écrivain anonyme parle ainsi delui-même, il n’a de garant que son ouvrage;mais la vérité a son caractère, un œil exercé