AUX PRUSSIENS.
Prussiens, recevez les adieux d’un compa-triote qui ne l’est plus que du cœur, et, dans lelivre qu’il vous dédie, un dernier tribut d’amour.Quand vous lirez mon ouvrage, des mers m’au-ront séparé de vous. Je vais dans un autremonde, non pas chercher une autre patrie, onne remplace pas la première; non pas avec l’es-pérance du bonheur, il habitait parmi vous.Victime plus que d’autres du malheur public,j’ai survécu à toutes mes affections, à la pluschère, à votre gloire. Je n’aspire qu’à trouverle repos qui suit les orages, et à fuir le specta-cle de vos maux.
J’ai vu votre chute, et elle a déchiré moncœur; mais j’ai entendu l’ignorance et la hainevous juger, et l’indignation m’a mis la plume àla main. La méchanceté sera-t-elle donc tou-jours plus active que le devoir ? Des écrivainsobscurs se succèdent pour vous traîner dans laboue. Le patriote gémit et se tait. Pourquoi ?comment la vérité percera-t-elle le voile, si le