Band 
Tome septième.
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47^ MÉMOIRES DE NAPOLÉON.

Déjà il était presque enveloppé quand, à lafaveur de la nuit, on profita d’un dernier mo-ment pour mettre en sûreté sa personne. Sesfrères avaient été dignes de leur rang, donnantjusqu’au bout l’exemple de l’ardeur et du sang-froid. Une bataille perdue dans une guerre con-tre la France était un grand malheur; perduedans les circonstances données, elle était unmalheur sans remède : les retraites se firent auhasard, dans tous les sens. Un corps considé-rable se jeta dans Erfurt , et fut forcé d’v capi-tuler le lendemain, avec les hommes les plusdistingués de l’état. Le gros de l’armée se sauvavers Magdebourg , et se rallia enfin sous le ca-non de la place.

Nos débris, coupés de la capitale, 11e pouvaientregagner l’Oder , leur dernier refuge, qu’en dé-crivant un arc de cercle. Le vainqueur y arri-vait par la corde, et ce vainqueur-là ne perdaitpas ses avantages. Deux jours après la déroute deléna il avait déjà battu notre réserve près deHalles, et huit jours plus tard il fit son entréetriomphale dans Berlin .

De là, des corps nombreux se détachèrentdans tous les sens, pour anéantir les restes del’année prussienne, cpii, confiés par le roi aucommandement du prince de Hohenlohc, s’ef-forçaient d’arriver par divisions aux places fortessur l’Oder .