MÉMOIRES DE NAPOLÉOW.
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A une heure du matin, fortpréoccupé de cesgrandes pensées, il sortit à pied , accompagnéseulement de son grand maréchal ; son desseinétait de suivre l’armée anglaise dans sa retraite,et de tâcher de l’entamer, malgré l’obscurité dela nuit, aussitôt qu’elle serait en marche. Il par-courut la ligne des grandes gardes. La forêt deSoignes apparaissait comme un incendie; l’hori-zon entre cette forêt, Braine-la-Leud, les fermesde la Belle-Alliance et de La Haye , était resplen-dissant du feu des bivouacs, le plus profond si-lence régnait. L’armée anglo-hollandaise étaitensevelie dans un profond sommeil, suite des fa-tigues qu’elle avait essuyées les jours précédents.Arrivé près des bois du château d’Hougmont,il entendit le bruit d’une colonne en marche ; ilétait deux heures et demie. Or, à cette heure,l’arrière-garde devait commencer à quitter saposition si l’ennemi était en retraite ; mais cetteillusion fut courte. Le bruit cessa; la pluie tom-baitpar torrents. Divers officiers envoyés en re-connaissance et des affidés, de retour à troifiheures et demie, confirmèrent que les Anglo-Hollandais ne faisaient aucun mouvement. Aquatre heures, les coureurs lui amenèrent unpaysan qui avait servi de guide à une brigade decavalerie anglaise qui avait été prendre positionsur l’extrême gauche au village d’Ohain. Deux