RELATION DE LA CAMPAGNE DE l8i5. 2/|9
Le ii juin, à onze heures du soir, le maré-chal, étant à l’Elysée-Bourbon où le départ del’empereur se disposait, reçut l’ordre de joindrel’armée; à minuit, il était rentré chez lui; il fitaussitôt faire les apprêts de son voyage.
Le 12 , à neuf heures du matin, après avoirfait partir ses chevaux et ses équipages de guerre,le maréchal monta en voiture avec le colonelHeymès, son premier aide-de-camp : il partit enposte. MM. Dutono, secrétaire, et Rayot, inten-dant de sa maison, suivaient dans une calèche.
Le maréchal arriva à Laon à dix heures dusoir; l’empereur dormait, il ne le vit point.
Le i3, le maréchal fut coucher à Avesnes;il y arriva dans la matinée, fut tout de suitechez l’empereur et dîna avec lui.
Le i4» tous les chevaux de poste furent em-ployés pour le service de l’empereur, le maré-chal ne put en obtenir; ce ne fut qu’à dix heuresdu matin qu’ayant enfin trouvé des chevaux depaysans, il put quitter Avesnes; mais la routeétait si mauvaise, si chargée de troupes, l’atte-lage qui le conduisait si lourd , qu’il n’arriva àBeaumont qu’à dix heures du soir. L’emp.ereurétait couché, il ne put le voir. Le logement dumaréchal n’était pas fait. M. d’Aure intendantgénéral de l’armée lui céda une chambre où ilpassa la nuit.