PIÈCES HISTOB1QUES. 2()7
queterie, auquel nous répondîmes par quelquescoups de canon suivis d’un houra, et bientôtaprès la ville fut à nous-. Ce fut là qu’entre au-tres équipages, on prit la voiture de Napoléon;il venait de la quitter pour monter à cheval, etavec tant de précipitation, qu’il y avait oubliéson épée et son chapeau. Les affaires continuè-rent ainsi jusqu’à la pointe du jour. Environquarante mille hommes dans le plus grand dé-sordre furent tout ce que l’ennemi put sauverdans sa retraite par Charleroi . Vingt-sept piècesde canon furent tout ce qu’il emmena de sanombreuse artillerie.
L’ennemi a dépassé, dans sa fuite, ses placesfortes, seule défense de ses frontières, qui main-tenant sont franchies par nos armées.
A trois heures , Napoléon avait expédié duchamp de bataille un courrier pour Paris , por-tant la nouvelle que la victoire n’était plus dou-teuse : quelques heures,après, il n’avait plus d’ar-mée. On n’a pas encore une exacte connaissancede la perte de l’ennemi : il suffit de savoir queles deux tiers de cette armée sont tués, blessésou prisonniers ; au nombre de ces derniers sontles généraux Mouton , Duhesme, Cambrone ;jusqu’à ce moment environ trois cents canons,et au-delà de cinq cents caissons , sont en notrepouvoir.