PIÈCES HISTORIQUES. 35 ()
bornerai seulement à vous prier de remarquerque vous-même reconnaissez , dans votre rela-tion , que ces troupes furent plusieurs fois re-poussées et mises en désordre dans la journéedu 5, et que dans celle du 6 elles furent éga-lement obligées de céder le terrain à l’ennemi.
J’ignore, général, ce qui a pu vous porter àcroire que l’empereur avait, en 1809, des sen-timents d’inimitié contre le prince de Ponte-Corvo; des faits bien connus attestent le con-traire. Après avoir intrigué contre Napoléon àl’époque du 18 brumaire, après avoir conspirécontre lui sous le consulat, le général Berna-dotte ne fut cependant l’objet d’aucune pour-suite. Plus tard , il fut même nommé maréchald’empire, prince, etc.; et cependant son seultitre à de si hautes faveurs était son mariage
O
avec la belle-sœur d’un frère de l’empereur. Iln’avait jamais eu de commandements impor-tants , il n’avait jamais gagné de bataille; et l’onpeut dire que la réputation qu’il s’était faite te-nait plus à ce genre d’esprit attribué ancien-nement à des gens de sa province, qu’à sonmérite réel.
Comment témoigna-t-il sa reconnaissance?
A la bataille de Iéna , il refuse, sous les plusfrivoles prétextes, de soutenir le corps du ma-réchal Davoust, attaqué par les trois-quarts de