36 o PIÈCES HISTORIQUES.
l’armée prussienne ; il cause ainsi la mort de 5 à6000 Français , et compromet le succès de lajournée. Vous avouerez, général, qu’une actionaussi coupable méritait un châtiment exem-plaire; les lois le condamnaient... Il n’éprouvaqu’une courte disgrâce ! Convient-il bien aprèscela à ce général de dire aux troupes saxonnes,lors de la bataille de Wagram , qu’on ne. leurrendrait pas justice parce qu elles étaient sous soncommandement?
À la guerre, vous le savez, général, la valeurdes troupes dépend souvent de l’habileté de ce-lui qui les commande : bientôt ces mêmes Saxons,sous les ordres du prince Eugène, méritèrentles éloges de l’empereur. Preuve certaine quesi, à Wagram, ils ne firent pas ce qu’il attendaitd’eux, ce ne fut pas leur faute, mais bien cellede leur ancien chef.
Le prince de Ponte-Corvo, dites-vous, n’a pasbesoin de panégyriste :cela est possible, géné-ral, parmi les étrangers; mais en France , il luiserait bien difficile d’en trouver. Les Français 11’ont pas oublié le mal qu’il leur a causé enRussie ; ils n’ont pas oublié les batailles de Gross-Beeren , de Juterboch, de Leipsick , où, à latête de soldats étrangers, il fit couler le sangde ses compatriotes, de ses anciens compagnonsd’armes, en combattant celui qui, au lien de