72 BATE DE LA BATAILLE DE GUANDSOX
pagneut, d’aller sonder et forcer, si besoin était, le défiléque gardait la tour Bayard. Mais, ni les injures, ni lesmenaces que ce chef ennemi prodigue au capitaine Matter,de Berne , ni les tentatives qu’il fait pour forcer ce pas-sage étroit que fermait une énorme chaîne et que défen-daient de braves soldats, parmi lesquels les Neuchâteloisne taisaient pas défaut, rien de tout cela ne peut ébranlerni l’intrépidité du chef, ni la bravoure des hommes cons-titués à la garde de ce poste important. Châteauguyondut s’en retourner avec sa troupe et annoncer au ducqu’il était dangereux pour son armée de se hasarder dansles gorges du Yaulravers et de s’exposer à combattre deshommes tels que ceux qu’il avait appris à connaître. Leduc Charles résolut dès-lors de prendre une autre routeet d’entrer par Jougne dans le pays de Vaud , pour de làdiriger sa marche sur Berne en passant par Neuchâtel .Le 10 il arrive à Orbe. Le 19 il est à Grandson , où il faitses premiers préparatifs de siège. Le 20 il ordonne l’as-saut de cette ville, et quelque impétueux qu’ait été le chocde ses troupes, elles sont repoussées avec perte par lesSuisses qui détendaient la place. Nouvel assaut le 23.Cette fois les Bourguignons pénètrent dans la ville, et lapoignée de soldats qui s’y trouve se voit dans la nécessitéde se renfermer dans le château. Dès ce jour l’artilleriedu duc ne cessa de tirer sur cette forteresse, qui n’étaitplus défendue que par quelques centaines d’hommes. Aubout de neuf jours, les confédérés, hors d’état de soutenirplus long-temps le siège, décimés qu’ils étaient par le feude l’ennemi et manquant de vivres sans pouvoir être se-courus par les leurs, accueillent la proposition qui leurest faite au nom du duc par le seigneur de Ronchamps ,