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Tome premier.
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ET E UELVÉTIE, DES EE XI e AU XVII e SIÈCLE. 147hérila de toutes les seigneuries et des fiefs qu’avait possé-dés son père dans l’Helvétie romande ( 19 ) et en Savoie ; laliste en est considérable puisque ces possessions s’éten-daient « doiz Yiler tant que à Losonne, et doiz Mormain» tant que à Frangins. ( 20 ) » Il les transmit à ses successeursqui en multiplièrent encore le nombre, jusqu’à l’époqueoù la valeur des Suisses , anéantissant en quelques semainestoute l’audace de ce fier duc de Bourgogne , si justementnommé le Téméraire, détruisit en même temps la puis-sance des princes de Châlon dans les belles vallées et lesplaines fertiles de la Transjurane . C’est ainsi que s’échap-pèrent de leurs mains les seigneuries de l’antique héritagedes Montfaucon( 21 ), celles de Grandson ( 22 ), de Ccrlier( 23 )et de Berchier ( 24 ), avec les rentes qu’ils possédaient sur lespéages de Chillon et de Villeneuve ( 25 ), et que disparurentleurs droits sur une portion de la terre de Gorgier ( 26 ), surles châteaux des Clées ( 27 ), deBelmont ( 2S ) etdePeney ( 29 ),sur le Franc-chastel en la seigneurie de Sainte Croix ( 30 ),à Oullens , Chavannes( 31 ), et Vufflens ( 32 ), etc.

Dès les onzième et douzième siècles, les sires de Sa-lins , descendus d’Albéric de Narbonne, étaient comptésparmi les principaux seigneurs de la Transjurane : prin-cipes provinciœ ( 33 ). Eux et les sires de Toux ( de Juranissakibus) ( 34 ), furent trop souvent de redoutables voisinspour le prieuré de Romainmoutier, dont les possessionsétaient contiguës aux leurs, et quelquefois même entre-mêlées. Celles de la maison de Joux s’étendaient jusquesdans la vallée de l’Orbe , à Bavois ( 35 ) et au Vautravers ,seigneurie qui lui serait arrivée à une époque incertaine ,soit par succession soit par héritage, si l’on devait encroire l’auteur des Mémoires sur ITIistoire de Poligmj ( 3Ü ).I/un d’eux, le chevalier Landri , avait élevé des préten-