186 LE COMTÉ DE liOUKCOüNE
poing qui la lit tomber par terre. A cette vue son cœurlléchit, et il composa pour une modique valeur en ar-gent, que la veuve se hâta de lui compter. Mais se ra-visant tout à coup, il lui ordonne de fuir sa présence etgarde l’argent et le butin. Les maux qu’il faisait subir àcette population infortunée étaient si grands, que lacharte, à laquelle sont empruntés ces détails, dit entermes exprès : « Au milieu de tant de souffrances, il est» impossible de compter le nombre d’hommes qui ont dis-» paru, soit par l’exil, soit par la mort( 21 ).» CependantLandry , fils A’Amaury I, voulant sans doute réparer lestorts de son père, abandonna au monastère la posses-sion d’une certaine terre à Ste Colombe, sur laquelle Beren-ger, fils de Rolbert de Bouverans, prétendait avoir des droits,et ce dernier suivit son exemple ( 22 ).
Les sujets de Romainmoutier à Chaffoy ne furent pasmoins exposés aux mauvais traitements des sires deJoux ( 23 ); mais il y eut réparation, et le prieuré ac-crut son domaine des terres que Landry ( 24 ) et AmauryII ( 25 ) lui abandonnèrent successivement. A Bulle il ob-tint en aumône du prêtre Fulradc un chésal et douze jour-naux de terre ( 26 ), et, un peu plus tard, tout l’héritagede Richard, fils de Robert de Naisey ( 2 ‘). Eu 1211 , parun accord avec le chapitre de Ste Marie Madelaine de Be-sançon , le prieuré renonçe aux prétentions de son mo-nastère sur un certain meix et ses tènemens au lieu de Bul-le, moyennant cinq sols de rente et sa réception à la con-fraternité spirituelle ( 2S ).
Le couvent, dont les propriétés à la Rivière devaientavoir quelque importance, puisqu’il y entretenait un re-ceveur ( 29 ), les échangea en l’année 1289 avec celles dede Dompierre et du lac Damvautier (aujourd’hui St