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Tome premier.
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LE COMTÉ DE BOUltGOGNE

Ce fut au mois d’avril 1214 qu ’Ulric, comte de Neu-châtel et son jeune neveu Bertliold donnèrent au chef-lieude leur état une charte de franchises, selon les coutumesde Besançon ( 4 ). Avant de consentir à cet octroi, ilsavaient voulu juger par eux-mêmes de l’influence des ins-titutions qui régissaient la cité depuis l’époque encore ré-cente des empereurs Frédéric I et Henri VI ( 3 ). Le spec-tacle, dont ils furent les témoins, d’une prospérité crois-sante et unique dans la province, où les affranchissementsne commencèrent que beaucoup plus tard ( ü ), a bien pudisposer le sage et prudent Ulric à la faire partager à saville de Neuchâtel , parle don d’immunités compatiblesavec l’ordre public et l’autorité souveraine. Quoi qu’il ensoit, cette concession, tout en réalisant le but généreuxauquel avaient aspiré les deux princes, multiplia lesrapports anciens entre les deux cités. L’obscurité de quel-ques points des franchises, l’embarras où l’on se trouvaitd’en faire la juste application dans un cas donné, faisaitnaître le besoin de recourir aux avis , d’aller aux entrè-ves ( 7 ) ; et de qui devait-on attendre l’interprétation la plussaine, la plus propre à lever tous les doutes , si ce n’étaitdes recteurs et gouverneurs de Besançon , gardiens des us etcoutumes selon lesquels devait se régir la ville de Neu-châtel ? Les premiers exemples de recours semblables sontmaintenant ignorés ; le plus ancien dont il reste des ves-tiges, ne remonte qu’à l’année 1402, et le dernier qui datede 1530, concerne un fort curieux procès d’injures, in-tenté au réformateur Guillaume Farci par le chapitre deNotre-Dame . La décision de l’affaire fut renvoyée à lachambre impériale ; mais le sénat de Berne parvint à l’as-soupir ( 8 ).

Depuis le comte Bollin (1286—1342) auquel son père