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Tome premier.
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ET l’iIELVETIE, DES LE XI e AD XVII e SIECLE. 237

Il y avait loin de ces passe-temps guerriers aux duelsjudiciaires, si multipliés au moyen âge, et dont la der-nière trace est dès long-temps effacée. En 1394 Raoul deGruyères, fils du comte Rodolphe, se présenta devant leduc Philippe-le-hardi pour venger par les armes le parjurede François de Bossonens, qui avait été son prisonnier ( 18 ).Une insulte plus grave encore amena en champ closOthon sire de Grandson et Girard, seigneur d’Estavayer(janvier 1398 v. s.). C’était à Bourg en Bresse, en présencedu duc de Savoie, de son conseil et de ses principaux vas-saux. Entrés dans la lice qui leur avait été tracée, ilscombattirent à outrance, et Grandson âgé de plus desoixante ans, succomba sous les coups de son adversaire.Il avait juré de paraître au fatal rendez-vous, et les prin-cipaux seigneurs des deux Bourgognes s’étaient portés lesgarants de sa foi ( 19 ).

La chevalerie et ses exercices ont donné naissance àune institution d’origine plus humble, mais d’une utilitéaussi incontestable.

Dès le quinzième siècle, on voit dans les deux contréesles bourgeois des villes réunis en compagnies armées se li-vrer à des jeux militaires. «Voulant avoir déduit et passe-temps louable, et faire service au pays ( 20 )», ils vont à desjours fixes et plusieurs fois l’an, sur un terrain destiné àcet usage, tirer de l’arc et de l’arbalète, armes qui furentremplacées plus tard par l’arquebuse et la coulevrine.L’adresse est récompensée par des prix ( 21 ), et mieux en-core par l’honneur d’étre salué roi et d’en garder le titrejusqu’à ce qu’un plus habile l’ait détrôné. De sages ré-glements maintenaient l’ordre et la discipline parmi lesconfrères ( 22 ). Leur chef jouissait d’honneurs et de fran-chises propres à entretenir l’émulation; parfois il invitait