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LE COMTÉ DE BOURGOGNEles tireurs voisins aux jeux qu’il devait présider, ou con-duisait les siens à quelques exercices préparés à leur hon-neur dans une des villes d’alentour. Les cheçaliers del’arc h Porentruy venaient à Montbéliard et y recevaientun accueil plein de cordialité. Ceux de Ponlarlier trou-vaient à Orbe une réception non moins fraternelle. Desemblables réunions consolidaient la bonne intelligence.Elles ont entièrement cessé depuis la réformation, et ledix-septième siècle a vu disparaître, dans les comtés deBourgogne et de Montbéliard , la dernière trace de cessociétés militaires qui, avec l’apparence de simples amu-sements, ont rendu au pays d’utiles services à l’heure desdangers ( 23 j.
Une seule fête, toute pacifique, s’est conservée jus-qu’à nos jours : celle du saut du Doubs , au lac de Chail-leson, à laquelle prennent plus directement part les ha-bitants du comté de Neuchâtel et les populations de nosarrondissements de Pontarlier et de Montbéliard . A l’en-droit où la rivière, baignant la limite suisse , sort brus-quement des rochers à pic qui semblaient arrêter soncours, elle se précipite, en écumant et avec un bruit ef-froyable, d’une hauteur de quatre-vingt-deux pieds dansun gouffre, dont la sonde n’a jamais atteint le fond. C’estauprès de ce lieu que vient se réunir, le second dimanchede juillet, la foule des personnes de l une et de l’autrerive qui veulent prendre part au champêtre anniversaire.«Les rochers se couvrent de curieux; une multitude debarques glissent sur le Doubs ; on voit arriver de largesbateaux plats, qui contiennent trente à quarante per-sonnes ; la gaité la plus vive règne sur ces embarcations;quelques-unes font retentir les rochers du son des instru-ments qui se répète à l’infini par les échos d’alentour; des