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LE COMTÉ DE BOURGOGNE
XIII. Franchises communales.
Ce chapitre sera l’un des plus courts de mon livre. Jen’ai point eu les moyens de me livrer à l’examen des char-tes de franchises octroyées à leurs sujets par les hauts ba-rons des deux Bourgognes, et même en les ayant en monpouvoir, une comparaison attentive de ces documents im-portants aurait exigé de moi beaucoup plus de loisirs queje n’en possède. Je me bornerai donc à un coup-d’œilrapide.
Peut-être faudrait-il remonter aux municipes romainspour y trouver le germe de cette organisation commu-nale du moyen-âge, si forte dans son action et si fécondedans ses résultats. Au fur et à mesure qu’elle se multi-pliait par l’émancipation, on voyait dans les villes le tra-vail mis en honneur, l’aisance se répandre, la populations’accroître ; on voyait les lumières et la civilisation ga-gner du terrain, les idées, les mœurs s’épurer, et la con-dition des masses devenir meilleure ; on voyait surtout laliberté, fière des conquêtes qui étaient son ouvrage, s’as-seoir dans les conseils publics et au foyer du père de fa-mille, embrasant d’un dévouement sans bornes pour lanouvelle commune chacun des membres qui en faisaientpartie. Toujours prêts à la défendre au prix de leur for-tune et de leur sang, parce qu’elle leur portait sans dis-tinction une égale sollicitude, ils étaient liés les uns auxautres par un même intérêt, animés d’un même esprit etse considérant comme frères, ils jouissaient avec bonheurde la prospérité devenue désormais leur partage.
Que leur manquait-il en effet? Ils avaient obtenu lafranchise et l’immunité de leurs personnes, le jugementpar leurs égaux (pairs), la faculté d’acquérir et de possé-