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Tome premier.
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ET l’iIELVÉTIE, DÈS LE XI® AU XVII e SIÈCLE. 297der. Leur seigneur pouvait-il comme autrefois les char-ger de taxes arbitraires, de ces hideuses exactions quipesaient sur les vilains, eux dont l’impôt était devenu in-variable, et lui qui avait juré de maintenir leurs libertés?N’avaient-ils pas le droit de lui refuser tout hommagejusqu’à ce qu’il ait prêté le serment qu’il leur devait, ettoute obéissance quand lui-même manquait à la foi pro-mise? Leurs tours et leurs murailles étaient fortes, etceux qui les défendaient étaient braves ! D’ailleurs lesmagistrats placés à leur tête méritaient la confiance detous, car ils étaient des hommes de leur choix. En leurnom ils exerçaient la police et veillaient aux affaires com-munes. Appelés, selon les lieux, éclievins, jurés, pru-d’hommes, syndics, avoyers, maîtres-bourgeois, ces magis-trats réglaient tous les actes civils, administraient la jus-tice et punissaient les délits par des amendes légalementfixées. Dans les cas d’émotion, tous les communiers s’as-semblaient en armes sous la bannière de la ville; ses ser-gents étaient vêtus de robes à ses couleurs; elle avait sonsceau pour sanctionner ses promesses ; sa bourse, forméedes contributions de chaque bourgeois, pour faire faceaux besoins publics; ses bois, ses pâturages qui profi-taient à chacun dans une proportion égale.

Se gouverner par eux-mêmes et se défendre mutuel-lement, tels étaient les articles fondamentaux de toutecommunion, conjuration ou confédération d’habitants (*);ils forment la base des franchises, libertés, privilèges etimmunités des communes, qui varient d’ailleurs à l’infinidans les points secondaires. Peu de seigneurs les ont ac-cordées par pure bienveillance; la plupart, capitulantavec leurs vassaux, les leur vendaient à prix d’argent :les uns forcés par le besoin, les autres par faiblesse ou

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