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Tome premier.
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308 LE COMTÉ DE BOURGOGNE

constructions avaient fait acte de seigneurie, les limitesse confondaient souvent et restaient indéterminées.

Les premiers différends connus remontent au douzièmesiècle. Alors s’éleva, entre l’abbaye de St Claude et celledu Lac-de-Joux dans la vallée de ce nom, un litige delongue durée au sujet de leurs frontières. Des tentativesà l’amiable, des jugements d’arbitres, parvinrent quel-quefois à l’assoupir mais sans le pacifier^). St Claude ymit un terme en cédant au couvent de Bonmont tous lesdroits qu’il prétendait sur la partie méridionale de cettevallée ( 2 ). La même abbaye eut aussi maintes luttes à sou-tenir avec le seigneur de Gex au sujet d’une autre vallée,celle de Mijoux; elles avaient dégénéré en guerre ou-verte. Un traité de 1334 ( 3 ) appaisa la querelle en met-tant en commun tous les droits, revenus, seigneurie etjustice du territoire, et moyennant l’hommage d ’Eugardde Joinville, sire de Gex , et de ses successeurs.

Un long repos semble avoir suivi ces contestations ter-ritoriales. Ce ne fut qu’en 1402 qu’elles se renouvelèrentsur un autre point. Alors il s’agissait « de certains lieuxet endroits» du territoire Bourguignon, limitrophes ducomté de Neuchâtel , que Conrad de Fribourg s’était ap-propriés pour les réunir à sa souveraineté. Une sentencedu duc Philippe-le-IIardi, rendue le 8 juin au profit deshabitants du Val-du-Saugeois ( 4 ), fit cesser à tout jamaiscette usurpation. En 1413, la propriété «de certainesJoux et forêts » près du mont dit Y Aiguille de Baulmes ,était répétée par le prince d’Orange, Jean de Châlon-Ar-lay III, contre le prieur de Payerne . Les commissairesdes deux parties, après une enquête et la reconnais-sance des lieux, procédèrent à une plantation de bornesqui mit un terme au débat ( s ). Cinq ans après, d’autres